I - Hypermédia

A - DEFINITION

Hypermédia vient d'hypertexte. Le Dictionnaire des Arts Médiatiques 2 propose la définition suivante de l'hypertexte :

Programme informatique interactif comportant une structure textuelle non linéaire, composée fondamentalement de noeuds et de liens entre ces noeuds, et mettant à la disposition de l'utilisateur un certain nombre d'opérations lui permettant de se déplacer dans cette structure. Les noeuds sont des blocs de texte qui comportent certaines zones activables (pointeurs, boutons) conduisant à d'autres blocs de texte ou ouvrant des fenêtres pouvant comporter d'autres zones activables conduisant à d'autres noeuds, et ainsi de suite. Le réseau de liens constitutif de la structure de l'hypertexte se développe ainsi en étendue et en profondeur. Le fait pour l'utilisateur d'accèder aux différents noeuds de l'hypertexte en parcourant son réseau de liens est appelé navigation.

Sa définition du terme hypermédia commence en ces termes :

Structure du même type que celle de l'hypertexte, mais dont les noeuds comportent, outre des informations textuelles, des informations visuelles et sonores.

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B - L'HYPERMEDIA SUR INTERNET

De part la nature même du Web, il s'agit d'une catégorie où l'on retrouve un nombre considérable d'oeuvres. On peut distinguer entre les oeuvres "fermées" sur elles-mêmes et les oeuvres "ouvertes" sur d'autres sites et pages du Web.

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1 - Oeuvres hypermédia "fermées"

La plupart des oeuvres hypermédia sont des oeuvres "fermées", c'est-à-dire des entités autonomes dont les liens et les noeuds sont internes à l'oeuvre. Leur raison d'exister sur le Web "et non sur CD-ROM ou disquette par exemple" tient à un mode de diffusion choisi par le créateur et à la nature du langage (des logiciels) et de l'écriture retenue.

La littérature hypertextuelle, qui existe depuis de nombreuses années, surtout sur le continent nord-américain, s'est tout naturellement tournée vers Internet tant comme mode de diffusion que de création.

lOveOne
Judy Malloy
http://www.eastgate.com/malloy/ lOveOne de Judy Malloy, une des pionnières de ce type de littérature et de la création artistique sur le réseau, est ainsi une fiction narrative uniquement textuelle.


Grammatron
Mark Amerika
http://www.grammatron.com


Grammatron (1997) de Mark Amerika introduit l'image, et en partie le son, mais relève du registre de la littérature.



Notice
Carol Flax
http://arts.ucsc.edu/mortal/Flax/ Notice (1996) de Carol Flax est, d'une certaine façon, à l'opposé de Grammatron. Ici l'image est prépondérante, le texte lui-même étant traité comme du visuel. Notice est une quête de l'identité, de soi, un questionnement sur la mort, au travers de visages évanescents, de portraits inconnus, d'éléments d'information toujours parcellaires, de questions sans réponse. Notice utilise, et prend appui sur, le temps de chargement comme élément de création.

Familie Auer
sous la direction de Robert Adrian
http://thing.at/orfkunstradio/AUER


Familie Auer (1997) sous la direction de Robert Adrian fait partie des oeuvres que nous avons envie de qualifier "d'audiovisuelle", utilisant textes, sons, images et l'écriture hypermédia dans toute sa dimension.


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2 - Oeuvres hypermédia "ouvertes" : la "Webness" (webitude)

a - Définition
Le néologisme de webness, que nous avons traduit par webitude en français, a été inventé par les membres du premier jury de la création sur le réseau des Prix Ars Electronica en 1996. Il est à souligner que, la première année, ce prix s'appelait "Web Art" et qu'aujourd'hui il est devenu ".NET".

La "webness" qualifie des oeuvres qui relèveraient intrinséquement du web, c'est-à-dire de son aspect rhyzomatique, hypertextuel et collaboratif, des liens, de la circulation de l'information et de la participation d'individus répartis sur la planète.

Certaines oeuvres sont ainsi des hypermédias "ouverts", c'est-à-dire qu'elles utilisent d'autres pages, sites, images, etc. existant ailleurs sur le réseau, et conçus par d'autres, vers lesquels renvoient les liens établis par le créateur.

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b - Exemples et analyses d'oeuvres

The Multi-cultural Recycler
Amy Alexander
http://shoko.calarts.edu/~alex/recycler.html
Regard critique sur la multiplication des webcams.

Dans Multi-cultural Recycler (1997) Amy Alexander utilise un certains nombre de webcams posées dans divers endroits de la planète. A partir de ces images, elle propose un processus de "recyclage" soit de manière aléatoire, soit par le choix de 3 des caméras pour créer une image hybride, mixte des 3 captures.



Dans le processus de recyclage peuvent également être utilisées les images composites déjà réalisées. Tout un chacun peut aller, par ailleurs, sur les sites originaux de ces webcams. Multi-cultural Recycler met en exergue trois phénomènes sur le Web : la pléthore d'images déjà existantes, la manie des webcams qui "regardent" à peu près n'importe quoi et la fascination que cela engendre, mais surtout l'affaiblissement de la notion d'auteur et la réappropriation/retraitement que toute information peut subir "doit subir" sur ce média.



The WWWArt Awards
Alexei Shulgin
http://www.easylife.org/award Alexei Shulgin est parti du principe que le Web est un "espace ouvert où les différences entre "art" et "pas-art" se dissolvent comme jamais auparavant au 20ème siècle" 3. Dans cet esprit il a créé The WWWArt Awards (1997) attribués "aux pages web qui ont été créées non en tant qu'oeuvres d'art mais qui nous procurent un réel sentiment artistique". 4



Les sites sélectionnés sont "labellisés" de la raison de leur distinction : le plus "flashy", la meilleure utilisation de la couleur rose, etc. Le public peut accéder à chacun des sites retenus s'il le désire. Shulgin a créé un encadrement, identique pour toutes les home pages (pages d'accueil), d'une esthétique parfaitement kitsch. Dans ce travail, Shulgin utilise un "matériau brut", trouvé sur le Web, qui, généralement, n'a pas d'intention artistique première. Par son action, il le déclare oeuvre. Les opérations de sélection et de déclaration constituent le geste artistique.

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